Le cancer est l’une des principales causes de décès chez le Labrador âgé. Les tumeurs les plus souvent rencontrées dans la race sont le lipome, une grosseur graisseuse bénigne très fréquente, le mastocytome, une tumeur de la peau qui peut être maligne, le lymphome, l’hémangiosarcome et, chez les grands chiens, l’ostéosarcome. Aucune grosseur ne se juge au toucher : toute masse qui dépasse un centimètre ou qui persiste plus d’un mois doit être ponctionnée par un vétérinaire. Plus elle est prise tôt, plus les options de traitement sont nombreuses.
Ce guide ne remplace pas l’examen d’un vétérinaire. Il aide à savoir quoi surveiller chez son Labrador, à quel rythme, et quand consulter sans attendre. Les autres problèmes de santé de la race sont présentés dans notre article sur l’espérance de vie du Labrador et ses maladies fréquentes.
Pourquoi le Labrador est-il souvent concerné ?
Le Labrador est une race de grand format, nombreuse et longtemps sélectionnée sur un petit nombre de lignées. Ces trois éléments expliquent que certaines tumeurs y soient plus représentées que la moyenne. L’âge joue aussi : un Labrador vit souvent au-delà de 11 ou 12 ans, et le risque de cancer augmente avec les années, comme chez l’humain.
Enfin, le surpoids, très fréquent dans la race, favorise l’apparition de lipomes et complique la surveillance : sous une couche de graisse, une petite masse se sent moins bien. Notre dossier sur le surpoids et l’obésité du Labrador montre comment garder un chien à son poids de forme.
Quelles sont les tumeurs les plus fréquentes chez le Labrador ?
| Tumeur | Nature | Où et comment | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|---|
| Lipome | Bénigne | Boule molle et mobile sous la peau, souvent sur le thorax ou les flancs | Très fréquente chez le Labrador d’âge moyen, ne se distingue pas à coup sûr d’une tumeur maligne sans ponction |
| Mastocytome | Maligne à degrés variables | Grosseur de la peau qui peut gonfler, rougir ou changer de taille d’un jour à l’autre | Race prédisposée ; l’exérèse large et l’analyse déterminent la suite |
| Lymphome | Maligne | Ganglions gonflés et indolores, sous la mâchoire ou derrière les genoux | Souvent découvert par hasard en caressant le chien |
| Hémangiosarcome | Maligne | Le plus souvent dans la rate, invisible de l’extérieur | Peut se révéler par une faiblesse brutale et des gencives pâles : urgence |
| Ostéosarcome | Maligne | Os des membres, chez les chiens de grand format | Boiterie qui ne passe pas, gonflement d’un membre |
| Tumeurs mammaires | Bénignes ou malignes | Nodules sur les mamelles de la chienne | Risque fortement réduit par une stérilisation précoce |
Ce tableau ne permet pas de poser un diagnostic. Il rappelle simplement qu’une même apparence, une boule sous la peau, peut correspondre à un lipome sans gravité comme à un mastocytome. Seule l’analyse des cellules fait la différence.
Quels signes doivent faire consulter ?
Certains signes justifient une consultation dans les jours qui suivent :
- une grosseur nouvelle, ou une grosseur connue qui grossit, change d’aspect ou devient douloureuse ;
- des ganglions gonflés, sous la mâchoire, devant les épaules ou derrière les genoux ;
- une perte de poids sans changement d’alimentation, ou une baisse d’appétit qui dure ;
- une fatigue inhabituelle, un chien qui suit moins en promenade ;
- une boiterie sans cause apparente qui ne s’améliore pas en quelques jours ;
- une plaie qui ne cicatrise pas, des saignements de nez répétés, une toux persistante.
D’autres signes relèvent de l’urgence : un chien qui s’effondre, dont les gencives sont pâles ou blanches, dont le ventre gonfle brusquement ou qui respire difficilement. Ils peuvent traduire une hémorragie interne, et il faut joindre un vétérinaire de garde immédiatement.

Comment le vétérinaire fait-il le diagnostic ?
La première étape est presque toujours une cytoponction : à l’aide d’une fine aiguille, le vétérinaire prélève quelques cellules de la masse et les examine au microscope ou les envoie au laboratoire. Le geste est rapide, peu douloureux et se fait le plus souvent sans anesthésie. Il permet de distinguer un lipome d’une tumeur plus inquiétante.
Si le résultat n’est pas concluant, ou si la masse est suspecte, le vétérinaire propose une biopsie ou l’exérèse complète de la grosseur, suivie d’une analyse histologique qui précise la nature et le degré de la tumeur. Selon les cas, des examens d’imagerie, radiographie du thorax, échographie de l’abdomen, permettent de vérifier si d’autres organes sont touchés.
C’est à partir de ces résultats que se discutent les traitements : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie dans certains centres spécialisés, ou soins de confort. Chez un chien âgé, la qualité de vie reste le premier critère de décision, et la conversation avec le vétérinaire mérite d’être menée sans précipitation.
La routine de palpation : cinq minutes par mois
La meilleure arme du propriétaire est la régularité. Une fois par mois, profitez d’un moment de calme pour passer les mains sur tout le corps du chien :
- la tête et le cou : sous la mâchoire, où se trouvent des ganglions ;
- les épaules et le thorax : de chaque côté, en descendant vers le ventre ;
- le ventre et les mamelles chez la femelle ;
- les pattes, jusqu’aux doigts, et l’arrière des genoux ;
- la queue et la région anale.
Notez chaque grosseur trouvée sur un schéma simple ou dans votre téléphone : son emplacement, sa taille approximative, la date. Une photo à côté d’une pièce de monnaie aide à suivre son évolution. Le brossage hebdomadaire, décrit dans notre guide de la mue du Labrador, est aussi une bonne occasion de sentir la peau.
À partir de 7 ou 8 ans, une visite de contrôle tous les six mois permet au vétérinaire de repérer ce qui échappe à la palpation, comme une rate augmentée de volume ou une anomalie dans une prise de sang.
Peut-on réduire le risque ?
On ne prévient pas tous les cancers, mais plusieurs leviers comptent :
- garder le chien à son poids de forme, ce qui facilite aussi la détection des masses ;
- discuter de la stérilisation avec le vétérinaire : chez la chienne, elle réduit fortement le risque de tumeurs mammaires, comme nous l’expliquons dans notre article sur la stérilisation du Labrador ;
- protéger les zones peu pigmentées du soleil chez les chiens qui passent beaucoup de temps dehors ;
- ne pas attendre : la règle « plus d’un centimètre ou plus d’un mois, on ponctionne » évite de laisser grossir une tumeur maligne en la croyant bénigne.
Questions fréquentes
Mon Labrador a plusieurs boules molles sous la peau, est-ce grave ? Ce sont souvent des lipomes, très fréquents dans la race. Mais chaque grosseur doit avoir été ponctionnée au moins une fois, car un mastocytome peut ressembler à un lipome au toucher.
À quel âge les cancers apparaissent-ils chez le Labrador ? La plupart des tumeurs apparaissent chez le chien d’âge moyen et âgé, souvent après 7 ans. Certaines, comme le lymphome ou l’ostéosarcome, peuvent toucher des chiens plus jeunes.
Une cytoponction fait-elle grossir ou se propager une tumeur ? Non. C’est un examen de référence, réalisé avec une aiguille très fine, qui permet justement de savoir s’il faut retirer la masse rapidement.
Repères : grosseurs et cancers chez le Labrador
- Tumeurs fréquentes : lipome (bénin), mastocytome, lymphome, hémangiosarcome, ostéosarcome, tumeurs mammaires.
- Règle de base : une grosseur de plus d’un centimètre ou présente depuis plus d’un mois se ponctionne.
- Examen de première intention : cytoponction à l’aiguille fine.
- Surveillance : palpation complète une fois par mois, visite semestrielle à partir de 7 à 8 ans.
- Urgence : effondrement, gencives pâles, ventre qui gonfle brusquement.
